Liverpool 1-1 FC Bâle : un réveil tardif

Le schéma de ce match était simple. Une victoire nous qualifiait de suite pour les huitièmes de finale. Après un encourageant 7/9 en championnat, on s’attendait à voir un grand match de nos Reds à Anfield. . Ou alors du moins, un match avec envie, avec un douzième homme assourdissant. Et bien on ne peut pas dire qu’on a été servi…

Une composition (encore) surprenante.

Commençons par la composition alignée par Brendan Rodgers. Mignolet sera dans les cages. Johnson, Skrtel, Lovren et José Enrique assurerons la défense. Devant eux Lucas comme milieu récupérateur. Ensuite sont là Henderson, Gerrard et Allen  pour animer le milieu. On remarque un semblant de 442 en losange (enfin ?) ou Gerrard jouerait en 10. Devant, Sterling et Lambert assurerons l’attaque. On regrettera l’absence de Can, Moreno, Lallana et Coutinho, tous de très bons acteurs lors de précédentes rencontres. Pour un supporter, c’est décevant. On s’interrogera aussi sur l’utilité d’aligner 4 milieux de même poste. A remarquer, le retour de Sakho sur le banc, de retour de blessure.
En tout cas, voilà une composition très défensive, et c’est là que vient la grosse interrogation car pour se qualifier, on doit gagner… Des éléments comme Lallana et Coutinho semblaient indispensables.

Début calamiteux.

Le match commence bien pour Liverpool, mais juste pour les 5 premières minutes. Après cela c’est littéralement la catastrophe. On ne voit aucune construction, aucune attaque, aucune motivation et aucune volonté. C’est triste de voir nos Reds ainsi. Anfield est calme, on n’entend que les suisses chanter. C’est un cauchemar. Comme d’habitude depuis le début de saison, Liverpool ne profite pas de sa possession de balle (58%) et on se demande réellement qui joue à domicile dans la partie. Après de lentes passes, des contrôles beaucoup trop longs, et un pressing remarquable de Bâle, la catastrophe arrive, but de Frei (25’). Une belle frappe cependant, et on ne pourra (pour une fois ?) pas blâmer Mignolet qui ne pouvait rien faire. Et le même jeu continu, aucunes réactions de nos hommes, on aura de la chance de ne pas encaisser d’autres goals durant cette mi-temps. Le match n’est pas beau à voir. On se consolera avec un public qui commence à donner de la voix.


La deuxième mi-temps commence par deux changements du côté des Reds.  Enrique, décevant et Lambert, invisible sortent pour laisser leurs places à Moreno et Markovic. Même si dans la peau de supporter il était naturel, après avoir vu cette première partie de match calamiteuse, de procéder à deux changements dès le début de deuxième mi-temps, c’est cependant surprenant venant de notre coach. On ne s’en plaindra pas.

La deuxième mi-temps débute légèrement mieux que la première. On a droit à un léger sursaut d’orgueil des joueurs. Le coté de Markovic est très animé, et le joueurs excitera même le stade avec de beaux dribbles et de belles attaques. Malheureusement, quand l’équipe ne suit pas, c’est un peu plus dur d’être décisif. C’est pourquoi il ratera et manquera quelques ballons, ce qui est surement du à son manque de collectif. Lazar sera renvoyé dans les vestiaires à la 60’ pour un geste antisportif vis-à-vis du défenseur Safari. Même si on doute de la méchanceté et de l’intention, le coup aurait pu faire très mal aux yeux. Malgré tout, la rouge semble sévère. A ce moment du match, à 10 contre 11, tout espoir de qualification semble perdu. Pourtant on continue de voir nos Reds pousser, mais malheureusement contre des suisses bien organisés, ce n’est pas chose facile. La montée de Coutinho à la 74’ pour Lucas accélèrera l’amélioration de jeu de nos hommes.

Un arbitre sous pression.

Le public siffle. C’est peut-être justifié, car beaucoup de grosses fautes suisses ne sont pas sanctionnées. La rouge de Markovic passe mal dans le public. Peu après c’est Lovren qui prend une jaune pour une très légère faute. L’équipe garde son sang-froid malgré tout. A la 71’, Gerrard est lancé par Sterling et tome dans le rectangle, le pénalty n’est pas sifflé, et selon les images, c’est justifié.

Steven, the only one.

La délivrance arrivera à la 81’, lorsque Gerrard marque. Un véritable bijou de coup franc qui n’a laissé aucune chance à Vaclik, gardien de Bâle. Steven enroule à la perfection un ballon qui lobe le mur avant de se diriger vers la lucarne et de rentrer sous la transversale en frappant l’intérieur du poteau. Liverpool égalise et croit en la qualification. A partir ce moment, c’est Liverpool qu’on voit jouer, le vrai, avec un vrai public derrière. On est heureux de voir Moreno proposer toujours de plus beaux de centres pour nos joueurs. Liverpool joue sans vrai attaquant, mais Liverpool met le feu. Bâle résiste bien, très bien. On remarquera quelques beaux mouvements de Johnson dont on ne le croyait plus capable, un Lovren qui s’en sort assez bien à son poste, et un Gerrard emblématique. Skrtel sera à deux doigts de mettre Liverpool en avance lors des dernières minutes mais le score ne changera pas, Liverpool est éliminé et devra se contenter de l’Europa League, au grand damne de ses supporters.

Bâle, bête noir des clubs anglais.

Après Chelsea, Manchester United et Tottenham lors des années précédentes,  c’est Liverpool que Bâle empêchera d’avancer lors de cette compétition. Un match qui se résume en deux phases, 75 premières minutes d’ennui, de cauchemar, et un dernier quart d’heure de feu, qui nous permet encore de croire au potentiel de cette équipe. Un gout d’amertume pour Daniel Sturridge, qui l’an passé nous a offert cette qualification, mais qui pourtant, ne le jouera pas. Un réveil est impératif face au match qui nous attend dimanche contre Manchester United.

Keep faith, don’t be afraid of the dark at the end of a storm,is a golden sky… The bad times make the good ones better.

Sami Abbadi

La RédactionLiverpool 1-1 FC Bâle : un réveil tardif