Arsenal 4 – 1 Liverpool : Les Reds calent encore.

En ce début de weekend pascal, les Reds se rendaient dans la capitale londonienne pour y affronter Arsenal. Les hommes de Rodgers n’ont pas su profiter de cette confrontation avec un concurrent direct en s’inclinant lourdement et sans contestation 4-1.

Un match rachat

Après leur récente défaite dans le derby du nord de l’Angleterre face aux mancuniens (1-2), Liverpool perdait des points précieux dans la course à la Ligue des Champions. Une désillusion encore plus grande que les Reds étaient sur une série de 13 matchs consécutifs sans défaite en championnat.  Peu importe, le calendrier de Premier League offrait une nouvelle occasion aux Reds de se racheter. A quitte ou double, car en cas de victoire le club de la Mersey revenait à 3 petits points de leur adversaire direct. En revanche, une contre-performance les laisserait à une distance quasi impossible à rattraper.

Pour cette affiche 5 étoiles, les Gunners se plaçaient clairement en grand favori de la rencontre après leur forme insolente à domicile (8 victoires consécutives). Mais Liverpool avait également des atouts à faire valoir, notamment défensif. Depuis sa mise à l’écart en décembre dernier, le dernier rempart belge fait en effet preuve d’une efficacité démesurée en dehors de ses terres, totalisant 559 minutes sans encaisser le moindre but avant le début de la rencontre. Une performance qui ne s’était plus vu sur les bords de la Mersey depuis 43 ans et les mains de fer de Ray Clemence entre janvier et fin avril 1972.

Des cadres absents

Pour préparer  cette confrontation, Rodgers ne pouvait ni s’appuyer sur le boss slovaque, suspendu, ni sur son capitaine attitré et futur joueur de MLS, lui aussi interdit de jouer après sa logique sanction reçue face à Manchester. Kolo Touré s’intercale donc entre Emre et Sakho dans cette désormais classique défense à 3. Pour compenser l’absence de Gerrard, c’est le gallois Joe Allen qui forme la charnière du milieu aux côtés du capitaine Henderson et de Lucas Leiva. Enfin, après la blessure de Sturridge avec la sélection anglaise, Rodgers joue la carte de la prudence en le faisant débuter sur le banc. Dans un contexte post-interview à la BBC où Sterling évoque ses états d’âme, c’est donc lui qui occupe le front de l’attaque.

De son côté, Wenger continue de faire confiance à son taulier aspirateur de ballons Francis Coquelin au milieu de terrain et s’appuie sur un quintet offensif composé de Özil, Ramsey, Cazorla Sanchez et Giroud. Une équipe séduisante sur le papier qui montre la volonté du technicien alsacien de proposer du jeu à ses spectateurs. Ceux-là même qui n’ont pas hésité à s’allier aux fans de Liverpool ayant fait le déplacement pour évoquer le prix exorbitant des places en Angleterre. Arsenal se place en effet comme le club le plus cher d’Angleterre pour ses abonnés avec un prix minimum à débourser de 1266€.

Liverpool, spectateur de la première mi-temps

Tout au long des 90 minutes, Liverpool n’aura pas convaincu, Arsenal se montrant beaucoup plus incisif que ses opposants. Dès les premiers instants du match, les Gunners proposent un pressing gargantuesque contraignant Liverpool à rester terré dans son milieu de terrain pendant les 5 premières minutes. Si les débats s’équilibreront un peu au fur et à mesure de la première mi-temps, les Reds ne sauront malheureusement jamais en profiter. Une seule occasion franche est à mettre à leur profit après que Markovic soit trouvé dans la profondeur par Coutinho. Le serbe manquera hélas de lucidité sur sa passe-caviar un peu trop poussée en direction de Sterling, seul face au but, qui ne pourra qu’effleurer le cuir.

Suite à cet oubli de la défense londonienne, Arsenal resserrera les boulons et n’offrira plus rien à son vis-à-vis, les laissant littéralement sur place. Une dizaine de minutes avant la fin de la première mi-temps, Hector Bellerin trouve le chemin des filets pour la première fois de l’après-midi, après un joli travail sur le côté droit et une finition enroulée pied gauche tout aussi magnifique. Quelques instants plus tard, les Gunners enchaînent avec un splendide coup franc d’Özil déposé côté ouvert. Alexis Sanchez clôt les débats sur un pétard des 20 mètres, transperçant un Mignolet impuissant. 3-0 à la mi-temps. Arsenal à istanbulisé Liverpool en 8 petites minutes. Le match est plié.

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Arsenal gère son avance

La rentrée de Daniel Sturridge en début de deuxième mi-temps ne changera pas grand-chose. Arsenal continue de poser le pied sur le ballon devant un Liverpool complètement sonné, subissant les assauts londoniens et amorphe. En réalité, aucune réaction ni volonté ne s’est réellement faite sentir depuis qu’Anthony Taylor a sifflé le coup d’envoi de la rencontre. Une baisse de régime logique des hommes de Wenger à 15 minutes du terme de la rencontre profitera aux Reds qui sauveront une journée sans gloire sur un penalty transformé par Henderson. L’arbre qui cache la forêt diront certains.

En toute fin de match, Olivier Giroud améliore même ses stats personnelles en y allant de son petit but. Une habitude prise par le français depuis 6 matchs déjà et qui se fait rare puisqu’aucun joueur des canonniers n’avait réalisé telle performance depuis 2008 et un certain Emmanuel Adebayor. Les conséquences de cet échec sont grandes puisqu’une place pour la prochaine édition de la Ligue des Champions semble désormais très compliquée. Même l’Europa sera délicate à aller chercher, Tottenham et Southampton étant dans le rétroviseur et attendant le moindre faux pas pour récupérer cette 5ème place. De son côté, Arsenal confirme sa forme récente et semble prêt à aller chercher Chelsea et City.

 

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L’homme du match côté Liverpool

Dans cette rencontre bien terne où l’esprit collectif de Liverpool n’a jamais pris le dessus, un homme a toutefois montré des choses intéressantes. C’est Philippe Coutinho. Le magicien brésilien est décidément un élément incontournable du dispositif de Rodgers, se muant en véritable chef d’orchestre. L’ancien interiste dirige le jeu, dicte le tempo du match et lance ses coéquipiers du front de l’attaque de fabuleuse manière. C’est lui qui lancera Markovic sur LA véritable occasion des Reds dans ce match et jouera sur sa forme actuelle pour se créer quelques tentatives de but en dehors de la surface. Malheureusement trop seul, ses coéquipiers n’ont jamais réussi à se mettre à son niveau pour espérer quoi que ce soit dans ce match. Attention, car Liverpool pourrait rapidement devenir trop petit pour lui.

Bruno Pessiot

 

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